Notre patrimoine

– Monuments et bâtiments remarquables

– Traditions

 

Monuments et bâtiments remarquables

  • L’église (classée  » monument historique « )

 

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une église romane construite au 12ème siècle

 

 

Le bourg de Voisey a dépendu jusqu’en 1789 de la Franche-Comté. Son église paroissiale faisait partie, avant la révolution, du diocèse de Besançon et du doyenné de Faverney. Ce ne fut qu’au XIXème siècle que Voisey devint le chef-lieu du doyenné de Pierrefaites en groupant autour d’elle toutes les paroisses du canton de Laferté sur Amance. Au milieu des nombreuses guerres qui s’élevèrent entre la France et la Bourgogne au XVème siècle, entre la France, d’une part, et la Lorraine et la Franche-comté de l’autre, au XVIème et XVIIème siècles, le bourg de Voisey, situé à la frontière de ces provinces avec la Champagne, eut souvent à supporter les plus dures violences des troupes ennemies : pillages, incendies et massacres. L’église paroissiale, comme le prieuré et le bourg,
fut plusieurs fois la proie des flammes.
Le vocable sous lequel l’église de Voisey est placée est controversé : aujourd’hui, on la déclare dédiée à la Nativité de la Vierge, mais certains opteraient pour St Martin.

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Le chœur et les chapelles datent du début du XIIIème siècle ; on relate qu’en 1868, au cours de la réparation du pavé du chœur, on découvrit sous le dallage, une tombe, qui fut ouverte, et dans laquelle se trouvait le squelette d’un homme, revêtu d’un casque et  d’une cuirasse. Une croix, un bouclier, une hache, une lourde et longue épée dont la pointe était dirigée vers une pierre portant l’inscription :  » malheur aux ennemis de la croix  » complétaient cet équipement militaire.
Sur la dalle funéraire, une inscription indiquait qu’il s’agissait de la sépulture de Jean de Voisey, qui en 1248, avait pris part à la croisade de Saint Louis et s’était distingué à la prise de Damiette en 1250. Fait prisonnier, il avait été rendu à la liberté et était passé
d’Egypte en Palestine où il avait visité les lieux saints. Il était rentré à Voisey en 1254, épuisé par la maladie et mourut en 1261. En raison de l’emplacement de la sépulture dans le sanctuaire, il s’agit très vraisemblablement du fondateur de l’église.
La nef, du XVème siècle, a fait l’objet de réparations importantes, à la suite de l’incendie que subit l’église, en même temps que le bourg, en 1453, lors du passage des troupes du Dauphin, et en 1470, par la garnison de Coiffy le Haut. La guerre de Trente ans, qui sévit dans cette région-frontière, fournit à Voisey, et à son église, une nouvelle épreuve. Le 12 mai 1636,  un détachement de l’armée française, qui était commandé par le cardinal de La Vallette et qui cantonnait à Montsaugeon, attaqua le village et y mit le feu. Une fois de plus, l’église ne fut pas épargnée. Les fenêtres, percées dans les collatéraux, attestent de réparations, qui eurent lieu sous le règne de Louis XIV, après le traité de Nimègue (1678).
La porte latérale du collatéral Nord, qui fut élargie en 1833, conserve dans son encadrement deux pierres, qui datent de 1684. Sur la pierre du linteau est gravée en léger relief une inscription, comprenant quatre lignes de magnifiques onciales dont le texte mérite d’être relevé :
 » Entrant, sortant, ouvrant la porte,
Songe toujours à ton trépas,
Etant vivant. De telle sorte,
La mort ne te surprendra pas « P1040311

Au-dessus d’elle, une autre pierre, de forme triangulaire, présente en son milieu un écusson, avec le millésime de 1684, surmonté du  monogramme du Christ, avec, en bas, une étoile à cinq branches. A l’extérieur de l’église, une pierre, posée dans l’angle oriental du  collatéral Nord, porte le millésime de 1687, et la pierre qui lui est superposée est ornée d’un petit écusson refermant le monogramme du Christ avec une étoile à quatre rayons. P1040309
Au début du XVIIIème siècle, les baies qui éclairaient le chœur et qui étaient percées dans le mur du chevet, furent obstruées, car, en 1702, un monumental retable en bois sculpté et peint du XVIIème siècle est appliqué contre ce dernier.

 

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un retable baroque du 17ème siècle

 

 

Un retable est un ensemble architectural et décoratif dominant le maître-autel, généralement peint et orné de motifs . Au XVIIème siècle, les retables sont un moyen d’enseignement et d’édification des fidèles : ils invitent à la prière et à la méditation.
Le retable de Voisey est remarquable par le goût de la surcharge décorative qu’il manifeste, et aussi par sa composition ; il comprend trois travées, chaque travée étant encadrée de deux colonnes torsadées couvertes d’ornement en forme de feuillages, feuilles de  vigne et grappes de raisin, avec des colombes qui mangent ces raisins (symbole de l’Eucharistie). La travée centrale représente la nativité de la Vierge Marie ; les travées latérales présentent sur des consoles décorées de têtes d’anges les statues de bois  polychrome de deux évêques, St Martin et Saint Evre.
Au-dessus, la composition se termine par la figure de Dieu le Père bénissant, au milieu de têtes d’anges et de nuages, en émettant des rayons verticaux dirigés vers l’autel.
La chapelle latérale sud a conservé un retable d’autel, d’époque Louis XIV, avec ses colonnes à fûts cannelés et à chapiteaux corinthiens (caractérisés par les feuilles ND-dl-NdM-VOISEY (26)d’acanthe) , et son entablement surmonté d’un fronton triangulaire coupé et d’une niche abritant une statue de Ste Anne.
Parmi les objets classés, une statue équestre de St Martin, habillé en costume de page du règne de Louis XIII, est adossée au  deuxième pilier sud de la nef. En bois peint, cette sculpture d’inspiration naïve, est un excellent document de l’art populaire du début du XVème siècle.martin
Près de l’autre pilier sud, est adossée une statue en pierre polychrome de St Jean Baptiste vêtu de peau de bête et portant  l’Agneau sur un livre ouvert (XVIème siècle).
Les fonts baptismaux en pierre et bois datent du XVIIème siècle, et la statue de Saint Sébastien, en bois polychrome est du XVIIIème siècle.
Notons encore, sur l’autel, la photo de Luc-Martin Huin, vicaire à Voisey de 1861 à 1864, et qui fut ensuite missionnaire des  missions étrangères et mourut martyr en Corée en 1866. Il fut canonisé à Séoul le 6 mai 1984.luc huin

Le village a vu naître un autre missionnaire, le 6 juillet 1853, il s’agit d’Augustin Tulpin qui fut ordonné prêtre en 1887  et partit au Japon. Il mourut à Tokyo en 1933 après une vie bien remplie.

  • La chapelle du prieuré

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Le prieuré-cure de Voisey était de l’ordre de Cluny et dépendait de celui de Saint-Vivant-sous-Vergy sous l’ancien régime. Le prieuré fut définitivement démoli en 1793 mais la chapelle existe toujours à une centaine de mètres de l’église. Elle a du être transformée
après la révolution. En effet, son orientation est contraire aux règles observées jadis (chevet à l’ouest et porte à l’est).
Le plafond de la chapelle est constitué d’un lambris de bois ; de chaque côté du chœur, on trouve deux très grandes statues de bois polychrome de St Pierre et St Paul (classées). Au-dessus de l’autel, une niche abrite une statue en pierre polychrome de la vierge à
l’enfant qui date du XVIème siècle (également classée). Un tableau datant du XVIIème siècle représente l’adoration des mages (classé)

  • Le château

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    cour du château

Il s’agit plutôt d’un manoir ; les étages furent rasés à la révolution afin de le ramener aux proportions des habitations voisines.
Cette demeure est aujourd’hui habitée par trois ménages.

  • La mairie-école

 

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Mairie du 19ème siècle

 

Date de 1882 ; sur la façade, un baromètre orné d’une fable de La Fontaine sur plaque émaillée,  » le meunier, son fils et l’âne » ; devant la mairie, une ancienne pierre à huile fait office de table L’école accueillait les deux classes du regroupement pédagogique
concentré en un seul site pour les villages de Voisey, Melay, Neuvelle et Vaux la Douce. Environ trente enfants, de la grande section de la classe maternelle au CM2, étaient accueillis par les deux instituteurs jusqu’en 2011.

La Place Lamartine au début du XXème siècle : de nombreuses activités aujourd’hui disparues                     (cliquer sur la phrase en bleu pour ouvrir une image interactive)

activités exercées sur la Place début 20ème siècle

  • Le musée

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Il a ouvert ses portes en 1990 ; il fait revivre l’histoire locale et les vieux métiers exercés dans notre région ; tous les objets et documents exposés ont été prêtés ou donnés par les habitants du secteur.
La pièce maîtresse du musée est une horloge datant du XVIIème siècle en état de fonctionnement, patiemment restaurée par Bernard Savary.

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A l’étage, sous le toit, ont été rassemblés les outils du tonnelier, du charpentier, du sabotier, de la cardeuse de laine,  du bûcheron et du vigneron….
C’est toute l’histoire locale qui revit.

 

  • La salle des fêtes

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Construite sur l’emplacement de l’ancienne halle, elle fut inaugurée le 25 novembre 1951 . Elle accueille des privés ou des associations pour des fêtes, des réunions diverses ; elle peut servir aussi à certaines associations sportives pour la gymnastique,  par exemple.

  • La médiathèque

Ce bâtiment a été rénové en 2001 ; une employée communale est à la disposition de la population trois heures par semaine pour le prêt gratuit de livres, CD et DVD . La commune possède un fond propre de documents auxquels s’ajoutent
les livres prêtés par la B.D.P (Bibliothèque départementale de prêt). Ainsi environ 4000 ouvrages sont à la disposition des lecteurs.

Le local abrite également certains ordinateurs, mis à la disposition du club informatique.

 

  • les HLM (détruits)

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Construits dans les années 60 – 70, les 8 appartements répondaient à un besoin car il y avait une demande de logements locatifs pour les ouvriers travaillant à la Dolomie, par exemple. Ils ont permis d’accueillir temporairement  beaucoup de familles, et ont favorisé leur implantation dans notre région.

En 2016, les deux blocs sont détruits. Une page qui se tourne……

  • Autrefois, une gare

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En 1991, la voie ferrée Bourbonne-Vitrey inaugurée en 1881, et qui a été empruntée par
les voyageurs jusque 1950, ferme définitivement, et un an plus tard, les rails sont enlevés. La gare est démolie. Il ne subsiste que la halle.

On trouve aussi à Voisey des puits et un lavoir (qui servait aussi de fontaine) qui a été restauré par les  » brigades vertes  »

  • L’habitat

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Il est marqué par les anciens métiers de la région (laboureurs, vignerons..). Au-dessus de certaines portes d’entrée, on remarque de très belles pierres décorées avec des inscriptions ou des emblèmes (rosaces, fleurs, étoiles de David) dont il est intéressant
de rechercher la signification; parfois un  » œil de bœuf » s’ouvre en façade en plus de la fenêtre, éclairant la  » pierre à eau  » (l’évier) ; les anciennes maisons de vignerons ont une entrée de cave en façade. La porte de grange est soit en plein cintre, soit rectangulaire ;
l’encadrement est en bois ou en pierre.
exemple de porte travaillée que l’on trouve encore dans le village

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Quelques bancs de pierre subsistent, témoins d’une époque où nos anciens, qui n’avaient pas encore les yeux rivés sur les écrans, aimaient goûter la fraîcheur du soir, et converser avec les passants.

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Il faut signaler que le village s’européanise : des hollandais, suisses, anglais y ont acheté des résidences secondaires et  les restaurent activement. Certains finissent par s’installer.

 

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le jardin de Chris, sculpteur anglais, côte archerot

 

  • Traditions

Le feu des Bures à Voisey (cahier haut-marnais n°6 page 144)

Autrefois Voisey était en liesse le dimanche qui suivait Mardi gras.
Trois mois avant mardi gras, les conscrits et sous-conscrits du village allaient le dimanche couper les épines le long des chemins et dans les friches (musettes bien garnies et barils remplis). Quelques jours avant la fête, les fagots d’épines étaient amenés sur la colline entre Voisey et Neuvelle au lieu dit  » le champ Béguinet  » et constituaient la base du bûcher qu’on allait édifier.
Le dimanche avant mardi-gras, les conscrits parcouraient le village avec des chariots et ramassaient les fagots de sarments que les habitants donnaient au bûcher. Ces fagots formaient un tas imposant sur lequel était placé Carnaval, attaché par des liens de paille à une perche d’environ 10 mètres de hauteur fichée dans le sol. Carnaval représentait un homme de grandeur naturelle vêtu correctement : chemise blanche, faux-col, ganté, chaussé et coiffé, haut de forme, ce qui lui donnait un air de cérémonie, n’eut été le masque qui apportait une note comique à la silhouette endimanchée.
Après forces rasades, on repartait en cortège au bûcher, où la population du village et des villages voisins attendait , massée.
Les nouveaux mariés, à l’honneur, mettaient alors le feu aux fagots ; l’agonie terminée, le cortège se reformait et précédé de la musique, se rendait au bal où la nuit s’achevait.
Souvent, au milieu du bal, on voyait apparaître les sous-conscrits brandissant comme trophée, la tête en bois du bonhomme Carnaval, arrachée au brasier et qui allait servir à confectionner le mannequin de l’année suivante.

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